Le zome est une structure géométrique en volume, composée de losanges assemblés en double spirale, qui forme un dôme habitable entièrement en bois. Né aux États-Unis dans les années 1960, ce concept séduit de plus en plus les bricoleurs et les passionnés de construction alternative grâce à son esthétique unique, ses propriétés écologiques et son coût maîtrisé.
Nous allons vous expliquer précisément ce qu’est un zome, comment il se construit, combien il coûte et quelles démarches administratives prévoir avant de vous lancer.
Zome : définition et origines d’une construction géométrique
Le mot « zome » est la contraction de zonaèdre (un polyèdre dont les faces sont des losanges) et de dôme. Concrètement, il s’agit d’une coque autoportante constituée de losanges identiques agencés en deux spirales hélicoïdales inversées. Cette géométrie se retrouve partout dans la nature : la disposition des graines d’un tournesol, les écailles d’une pomme de pin, la structure en double hélice de l’ADN ou encore les alvéoles d’une ruche.
C’est l’ingénieur américain Steve Baer qui a mis au point cette forme architecturale dans les années 1960, en plein mouvement de la contre-culture californienne. Le zome est arrivé en France en 1975 grâce à l’architecte Jean Soum, qui l’a découvert lors d’un voyage au Nouveau-Mexique, dans la communauté bouddhiste de la Lama Foundation. Depuis, plusieurs artisans et constructeurs français ont repris le concept, et la demande ne cesse de croître, notamment pour les projets d’hébergement insolite et les espaces de bien-être.
Le zome est une structure autoportante en bois, formée de losanges en double spirale. Aucun pilier intérieur n’est nécessaire : l’espace intérieur est totalement libre et exploitable.
Pourquoi choisir un zome plutôt qu’une construction classique ?
Le premier avantage du zome réside dans sa structure autoportante. Contrairement à une charpente traditionnelle, aucun support interne n’est requis. L’ensemble de la charge se répartit uniformément sur les losanges, ce qui libère 100 % de la surface au sol pour l’aménagement. Pour un zome de 40 m², vous disposez réellement de 40 m² habitables, sans poteaux ni murs porteurs intermédiaires.
Le bois utilisé, souvent du douglas, du mélèze ou de l’épicéa, offre d’excellentes propriétés d’isolation thermique naturelle. La forme compacte du zome limite aussi les déperditions de chaleur : le rapport entre le volume intérieur et la surface exposée aux intempéries est particulièrement favorable par rapport à une construction rectangulaire. Autrement dit, vous chauffez moins pour un confort équivalent.
Côté esthétique, le zome ne ressemble à rien d’autre. Sa silhouette arrondie, ses lignes en spirale et son intégration paysagère en font un véritable objet architectural. Que vous l’installiez en fond de jardin comme atelier, en extension de votre maison à ossature bois ou comme hébergement touristique, il attire immanquablement le regard.
Enfin, la compacité de la forme entraîne une économie de matériaux significative. Les sections de bois nécessaires sont relativement faibles (45×45 mm à 70×120 mm selon les modèles), et les longueurs de coupe restent modestes. Pour un bricoleur équipé d’une scie radiale et d’une visseuse, le montage d’un petit zome est tout à fait envisageable en autoconstruction.
Les différents types de zomes et leurs usages
Chaque zome se caractérise par un « nombre de forme » qui indique le nombre de losanges disposés sur chaque couronne. On parlera ainsi de zome 5, zome 6, zome 8, zome 10 ou zome 12. Plus le nombre de forme augmente, plus la structure se rapproche d’une sphère parfaite, et plus la surface au sol est importante.
Les zomes d’ordre pair (6, 8, 10, 12) produisent des volumes considérés comme plus doux et apaisants. Nous les conseillons pour les habitations permanentes, les chambres d’hôtes ou les espaces de détente. Les zomes d’ordre impair (5, 7) sont réputés plus dynamiques et conviennent davantage aux ateliers de création, aux salles de yoga ou aux espaces de méditation temporaire.
Voici les dimensions standards les plus courantes proposées par les constructeurs français :
| Type de zome | Nombre de facettes | Diamètre au sol | Surface | Hauteur |
|---|---|---|---|---|
| Zome 6 | 24 | ≈ 6,4 m | ≈ 20 m² | ≈ 4,8 m |
| Zome 8 | 40 | ≈ 8,1 m | ≈ 40 m² | ≈ 5,4 m |
| Zome 10 | 60 | ≈ 9,4 m | ≈ 59 m² | ≈ 6,9 m |
| Zome 12 | 84 | ≈ 11,9 m | ≈ 100 m² | ≈ 8,9 m |
Contrairement au dôme géodésique, le zome possède systématiquement une partie basse non courbe (des murs verticaux) qui facilite considérablement l’aménagement intérieur : placer des meubles contre les parois, installer des fenêtres ou une porte devient beaucoup plus simple.
Comment construire un zome en bois : les techniques d’assemblage
Trois techniques principales coexistent pour assembler un zome, chacune correspondant à un niveau de compétence et à un budget différent.
L’assemblage par arêtes juxtaposées
C’est la méthode la plus répandue et la plus accessible aux bricoleurs. Les losanges sont constitués de cadres en bois dont les arêtes intérieures se touchent. L’assemblage se fait par des cales et des boulons, ou par des charnières pour les structures légères démontables. Cette technique offre un bon compromis entre coût, rapidité de montage et solidité.
L’assemblage par placage
Les losanges sont plaqués les uns contre les autres sur toute la tranche du bois, avec des bords biseautés pour garantir un contact parfait sur toute l’épaisseur. Le résultat est plus solide et plus esthétique, mais cette technique impose des calculs d’angles très précis et un travail de menuiserie plus exigeant.
L’assemblage à dévers
Les montants des losanges sont inclinés, ce qui permet d’utiliser des sections de bois plus larges et d’obtenir une rigidité maximale. C’est la technique privilégiée pour les zomes habitables destinés à supporter le poids de la neige et les efforts du vent. Elle nécessite une conception assistée par un bureau d’études spécialisé dans les structures bois.
Un point technique essentiel : un zome constitué uniquement de losanges non rigidifiés n’a aucune tenue structurelle. Chaque losange doit être parfaitement rigide (par triangulation ou par l’épaisseur du panneau) pour que l’ensemble forme une coque stable. Sans cette précaution, la structure s’affaisse sur elle-même.
Combien coûte un zome en bois ?
Le budget varie considérablement selon que vous optez pour un kit en autoconstruction ou une réalisation clé en main par un professionnel. À titre indicatif, voici les fourchettes de prix que nous observons sur le marché français en 2025.
Pour un kit structure seule (hors couverture, isolation et aménagement), comptez environ 1 350 € pour un petit zome de 12 m², autour de 5 400 € pour un zome de 50 m² et environ 7 200 € pour un zome de 60 m². Ces tarifs comprennent les pièces de bois pré-découpées, la visserie et les plans de montage.
Pour un zome habitable, isolé et aménagé, les prix se rapprochent de ceux d’une maison en bois classique, soit entre 1 200 et 2 000 €/m² selon le niveau de finition. Un zome de 40 m² livré clé en main avec bardage, isolation fibre de bois, menuiseries double vitrage et finitions intérieures se situe généralement entre 48 000 et 80 000 €.
Plusieurs facteurs influencent le coût final : l’essence de bois choisie (le douglas reste le meilleur rapport qualité-prix), le type d’isolation (ouate de cellulose, chanvre, fibre de bois), la présence d’un plancher sur pilotis ou d’une dalle béton, et bien sûr la main-d’œuvre si vous ne construisez pas vous-même.
L’autoconstruction représente l’un des atouts majeurs du zome. Le bois se travaille facilement, les plans sont disponibles en ligne, et un bricoleur motivé peut économiser 40 à 60 % du coût total en réalisant lui-même le montage. Une scie radiale, une visseuse et de la méthode suffisent pour assembler un petit zome en quelques week-ends.
Quelle réglementation pour installer un zome ?
La réglementation d’urbanisme s’applique au zome comme à toute autre construction. Les règles dépendent de la surface créée et de la localisation de votre terrain.
Pour un zome de moins de 5 m² d’emprise au sol, aucune formalité n’est requise (hors zone protégée). Entre 5 et 20 m², une déclaration préalable de travaux suffit. Au-delà de 20 m² d’emprise au sol, un permis de construire devient obligatoire. Et si la surface totale de votre propriété (existant + zome) dépasse 150 m² après travaux, le recours à un architecte est imposé par la loi.
Nous vous conseillons de consulter le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre commune avant tout projet. Certaines communes imposent des contraintes sur la forme des toitures, les matériaux de façade ou les hauteurs maximales qui pourraient compliquer l’installation d’un zome. La forme atypique de cette construction peut susciter des interrogations au service urbanisme : mieux vaut anticiper en fournissant un dossier complet avec des plans détaillés.
Depuis janvier 2025, de nouveaux formulaires Cerfa sont en vigueur pour les déclarations préalables (n° 16702 et 16703). Si vous déposez un dossier, vérifiez que vous utilisez les bons formulaires pour éviter un rejet administratif.
Isolation et aménagement intérieur d’un zome habitable
Un zome destiné à l’habitation permanente nécessite une isolation performante. Les constructeurs spécialisés proposent généralement une épaisseur de 145 mm pour les petits modèles (zome 6 et 8) et 220 mm pour les grands modèles (zome 10 et 12). Les isolants naturels sont particulièrement adaptés à cette construction : fibre de bois, ouate de cellulose, chanvre ou laine de bois. Ils offrent un excellent confort thermique été comme hiver, tout en restant cohérents avec la philosophie écologique du zome.
Pour la finition intérieure, le lambris bois reste le choix le plus courant. Il s’adapte parfaitement aux formes courbes de la structure et renforce l’atmosphère chaleureuse de l’espace. En extérieur, les tavaillons de châtaignier (pour la toiture) et un bardage bois (pour les parties basses) assurent une protection durable contre les intempéries.
Les fenêtres prennent des formes de losange ou de triangle pour s’intégrer naturellement à la géométrie de la structure. Une ouverture zénithale (rosace vitrée au sommet du zome) est souvent installée : elle offre un puits de lumière naturelle spectaculaire et, pour les hébergements touristiques, une vue imprenable sur le ciel étoilé. Des velux peuvent également être posés dans la toiture.
L’aménagement intérieur des grands zomes (à partir du zome 10) autorise la création de mezzanines sur structure poteaux-poutres, de cloisons séparatives, voire d’un étage complet. Le passage d’un conduit de poêle à bois se prévoit dès la conception grâce à un chevêtre intégré dans la structure.
Zome vs dôme géodésique : quelles différences ?
Les deux structures sont souvent confondues, mais elles reposent sur des principes géométriques distincts. Le dôme géodésique utilise des triangles pour former une demi-sphère, tandis que le zome utilise des losanges agencés en spirale pour créer une forme ovoïde. Cette différence a des conséquences pratiques très concrètes.
Le zome possède des murs verticaux en partie basse, ce qui facilite l’aménagement (placement de meubles, pose de fenêtres rectangulaires). Le dôme géodésique, purement sphérique, rend ces opérations plus complexes car les parois sont courbes dès le sol. En revanche, le dôme géodésique offre une meilleure résistance aux charges uniformes (neige) grâce à sa symétrie parfaite.
Du point de vue de la construction, les angles de coupe sont plus variés dans un zome que dans un dôme, ce qui rend la fabrication plus exigeante techniquement. Toutefois, les arêtes d’un zome sont toutes de même longueur et de même inclinaison par rapport à l’horizontale, une régularité qui simplifie les calculs de découpe une fois la géométrie maîtrisée.
Notre avis : si vous cherchez avant tout un habitat en bois habitable et pratique à aménager, le zome l’emporte. Si votre priorité est la résistance mécanique pure (zone de fort enneigement, exposition au vent), le dôme géodésique mérite d’être étudié.
FAQ
Quelle est la durée de vie d’un zome en bois ?
Avec un entretien régulier (traitement du bois tous les 3 à 5 ans, vérification de l’étanchéité), un zome en bois bien conçu peut durer plusieurs dizaines d’années. Les essences résistantes comme le mélèze ou le douglas, naturellement imputrescibles, augmentent considérablement la longévité de la structure.
Peut-on habiter un zome à l’année ?
Oui, à condition qu’il soit correctement isolé (minimum 145 mm d’isolant naturel), équipé de menuiseries double vitrage et relié aux réseaux (eau, électricité, assainissement). Plusieurs familles françaises vivent à l’année dans des zomes depuis plus de 10 ans sans difficulté particulière.
Faut-il des fondations spéciales pour un zome ?
Le zome peut reposer sur des plots béton (solution la plus courante et la moins coûteuse), une dalle béton classique ou un plancher bois surélevé sur pilotis. Le choix dépend de la nature du terrain et de l’usage prévu. Les plots béton suffisent largement pour un zome léger de type atelier ou serre.
Combien de temps faut-il pour monter un zome ?
Pour un kit de petit zome (12 à 20 m²), comptez 2 à 4 week-ends de travail pour deux personnes expérimentées en bricolage. Un zome habitable de 40 à 60 m², avec isolation et finitions, nécessite plusieurs semaines de travail, voire 2 à 3 mois en autoconstruction partielle.
Le zome est-il adapté à un projet d’hébergement insolite ?
Le zome est devenu l’un des hébergements insolites les plus demandés en France. Son toit vitré offre une vue sur les étoiles, sa forme arrondie crée une ambiance unique, et ses dimensions permettent d’aménager un espace confortable pour deux personnes. Le retour sur investissement est souvent rapide grâce à des tarifs de nuitée attractifs (80 à 200 € selon la saison et les prestations).
Quelles essences de bois privilégier pour construire un zome ?
Le douglas est le choix le plus courant : résistant, durable et abordable. Le mélèze offre une durabilité supérieure mais coûte plus cher. L’épicéa et le sapin conviennent pour les structures intérieures ou les zomes couverts d’un bardage protecteur. Nous vous conseillons de privilégier des bois certifiés PEFC ou FSC, issus de forêts gérées durablement.

Je m’appelle Paul, ancien menuisier et passionné de bricolage. J’aime créer, rénover et partager mes idées déco pour donner du caractère à chaque espace. Ici, je vous montre qu’avec un peu d’envie et quelques outils, tout est possible !